First World problem, le fait de se plaindre de quelques chose uniquement parce qu’on n’a pas plus grave à déplorer. Un privilège de «pays développé» devenu norme, voir automatisme sur Internet et sur les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook ou encore Mastodon.

Une réflexion sur cet ethno et égocentrisme exacerbé m’es revenu aujourd’hui alors qu’en 200 signes accompagnés d’un GIF, je m’adonnais moi aussi à ce qui est devenu un réflexe de complainte publique.

Au moment où j’écris, je ne sais pas vraiment si je vais prendre la décision de publier ce billet ou de le laisser pourir, comme beaucoup d’autres brouillons, dans un coin de mon disque dur.

La scène se passe donc en ce début de mois d’août. Il est un peu plus de midi et je vais me mettre en route pour aller déjeuner avec un ami. Mais avant de mettre mon ordinateur de travail en veille et d’enfiler mes chaussures, las d’un état de fatigue avancé, je décide de lâcher un peu de pression et j’écris quelques mots sur mon compte Twitter.
Je n’attends pas de réponse, je n’attend pas qu’on me lise, je crois bien que je n’attends rien. J’aurais sans doute pû jeter les mêmes lignes dans un carnet et obtenir le même résultat, mais non. Non, par automatisme j’ai choisit de faire profiter le monde de mes problèmes.

Cet automatisme je ne suis certainement pas le seul à l’avoir. Un rapide coup d’œil sur les réseaux sociaux me donne l’impression de plonger dans un océan de complaintes à sens unique, de lamentations plus égocentrées les unes que les autres. Je me sens comme au beau milieu du Panthéon du narcissisme appliqué au monde moderne, où chacun pense que ses emmerdes sont plus importantes que celles des autres, et où chacun peut le faire entendre.

Voilà donc l’origine de ma réflexion. Finalement, lancer mes quelques lignes dans un carnet m’aurait au moins évité d’entrer dans une spirale d’émotions dont je me serais bien passé.

Finalement, suis-je bien légitime pour me plaindre alors que tel-le ami-e est passé à travers ci ou ça ?

Finalement, pourquoi tel-le ami-e se plaint-iel alors que ça parait moins grave que moi ?

Finalement, puis-je ne serait-ce que penser à me plaindre depuis ma chaise, entre mes quatre murs et sous mon toit robuste ? Alors qu’une minute pourrait me suffire à oublier que tout ça n’est que privilèges.

Cinq minutes ont passé et dans ma tête, j’en veux au monde entier.
J’en veux à mes potes, se plaignant alors qu’ils ne savent pas les épreuves par lesquelles je passe.
Je m’en veux à moi même, me plaignant alors que je ne sais pas par quelles épreuves mes potes passent.
Et à m’en vouloir, d’abord de contribuer comme beaucoup à l’amoncèlement sur Internet de tracas facilement assimilables à des First World problems. Et ensuite de psychoter, pendant ce qui dans ma tête semble être des heures, sur les implications de ce bordel et la légitimité de telle ou telle personne à exposer ses soucis à la face du monde.

Le pire dans tout ça ? C’est que la prochaine fois que j’aurai besoin de relâcher de la pression, je ferai sûrement la même chose. Parce qu’un réflexe c’est compliqué à réprimer, et c’est long à faire disparaitre.