Il y a un peu moins d’un an, je sortais d’un refuge de la SPA en ayant adopté une petite chatte calico de 10 ans. Personne là-bas ne voulait de cette vieille dame, de ses soucis rénaux et de son manque de dents. Pourtant, à peine entré dans la chatterie, elle était venue se frotter à moi et il n’avait pas fallu bien longtemps pour que je décide de la ramener à la maison.

Aujourd’hui j’ai dû faire en sa compagnie un des trajets les plus longs dont je me souvienne, pourtant il ne devait même pas faire quatre cents mètres.

Malade donc depuis longtemps, son état s’était gravement détérioré en quelques jours. Le seul choix devant moi n’en était pas réellement un : attendre qu’elle quitte ce monde après dix jours, peut-être un peu plus, de souffrance, ou l’aider à partir tranquillement, calmement.

J’ai traversé les quelques centaines de mètres séparant mon appartement du cabinet vétérinaire en ce qu’il m’a paru une éternité tout en essayant de combattre cette simple pensée : «en rentrant, le sac que je porte à bout de bras sera vide».

En quelques mois, cet animal était devenu ma famille, ma meilleure amie, mon confident. Ce soir je suis anéanti de savoir qu’elle n’est plus là.
Je ne peux m’empêcher de me sentir coupable de n’avoir rien pu faire, de n’avoir pu sauver cette petite bête qui me faisait confiance. Et je ne peux m’empêcher de pleurer ce vide, ni d’être effrayé à l’idée que ce vide s’estompe.

J’écris donc quelques lignes, sans vraiment savoir pourquoi ; sûrement dans la quête d’une sorte de catharsis.
On me dit ici ou là que j’ai au moins eu le courage de donner à ce vieux félin une fin de vie heureuse, hors des cages d’un refuge. Oui, peut-être est-ce ce qu’il faut retenir… Ça n’empêchera pas le vide de s’installer.